Lecture : Purpur de Karin Hermes

La danseuse et sculptrice berlinoise Oda Schottmüller est tiraillée entre son désir de danser et de créer artistiquement, quels que soient les contextes politiques, et le besoin de s’opposer aux nazis. Lorsque son ami Hans Coppi lui demande si le groupe de résistance qui l’entoure – appelé par les nazis la « Rote Kapelle » – peut utiliser son atelier, en son absence, pour émettre des messages radio, elle accepte à contrecœur. Par la suite, elle transmet également des informations chiffrées au moyen de partitions de danse. Elle transporte une partition dissimulée dans le double fond de sa valise jusqu’à Munich, d’où elle parvient à Zurich. Là, les informations codées sont réceptionnées par Elfriede et remises au groupe suisse de la Rote Kapelle à Berne, qui les transmet par radio à Londres et à Moscou.
Oda Schottmüller et ses compagnons de lutte sont arrêtés en 1942 et condamnés à mort. Oda danse avec la mort, accompagnée par l’aumônier de la prison Harald Poelchnau, qui cache secrètement des personnes juives.
La fiction historique Purpur met en lumière un aspect peu connu de la résistance au national-socialisme. Le récit se prolonge jusqu’à l’affaire suisse liée à Crypto, dans laquelle Max, petit-fils d’Elfriede, est impliqué et qui bouleverse sa vie luxueuse.
Purpur est issu du projet Die Rote Kapelle, récompensé en 2020 par le Prix suisse de la danse, Patrimoine culturel danse. La chorégraphe et choréologue Karin Hermes, installée à Berne, a développé, en collaboration avec la Fondation SAPA(Archives suisses des arts de la scène), avec le Deutsches Tanzarchiv et avec le Centre national de la danse à Paris, une fiction historique dans laquelle elle a inscrit le patrimoine chorégraphique suisse dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale.



